Donald Trump a déclaré une guerre commerciale à l’échelle mondiale, sans épargner les pays les plus fragiles. Cette offensive concerne la quasi-totalité des pays du monde, sauf le Canada et le Mexique, signataires d’un accord de libre-échange, ainsi que la Russie, la Corée du Nord, la Biélorussie et Cuba.
La réaction de l’Union européenne exprimée par la Présidente Ursula Von der Leyen provoque des fortes perplexités. « Négocier avec les États-Unis, diversifier les partenariats commerciaux et renforcer le marché unique. Nous ouvrirons des portes vers des marchés à croissance rapide », a-t-elle précisé cette semaine lors de la plénière au Parlement européen de Strasbourg, en citant notamment l’exemple du Mercosur.
« Renforcer le marché unique devrait être la première des priorités. La fragmentation du marché unique coûté 990 milliards d’euros à l’UE chaque année. Le rapport Draghi nous dit que pour retrouver la croissance, l’Union européenne aurait besoin d’une politique industrielle commune, qui prendrait en charge l’innovation, mais aussi la décarbonatation et la sécurisation de nos économies et qui couterait 800 milliards par an. En complétant le marché unique, en tout urgence, nous aurions déjà une réponse très efficace pour nos économies et qui ne dépend que de notre volonté politique. » a souligné Benoît Cassart
La présidente de la Commission a annoncé une réaction ferme de l’Union européenne, en demandant l’unité des 27, et en même temps, elle a exprimé une volonté de négocier avec l’administration Trump. « Bien sûr il est nécessaire de réagir car si l’Union européenne ne met pas des droits de douanes à son tour, nous risquons que nos entreprises, et notamment celles qui ont déjà des sites de production aux États-Unis, délocalisent et exportent les biens vers l’UE. Et ce d’autant plus que le prix de l’énergie étant moins cher de l’autre côté de l’Atlantique, cela se traduirait par un double avantage concurrentiel. L’unité des européens est bien entendu indispensable mais négocier aujourd’hui c’est donner raison à Trump. Le Canada l’a démontré, avec lui, c’est la fermeté qui marche le mieux. » a ajouté Benoît Cassart, membre de la commission commerce international au Parlement européen.
Les impacts de la guerre commerciale telle que présentée cette nuit par l’administration Trump seront très lourds pour les entreprises et les consommateurs dans le monde entier et la croissance dans l’Union européenne en prendre un coup. Néanmoins penser que signer le Mercosur fasse partie de la solution relève « d’une vision court-termiste » voire « d’une manifestation de panique », selon le député belge Benoît Cassart.
« L’accord du Mercosur ne devient pas vertueux parce que Trump a décidé de faire la guerre au monde entier, n’oublions pas que cet accord pose des vraies interrogations en matière de protection de l’environnement, de la biodiversité, ainsi que sur le respect de nos normes sociales et de protection des consommateurs. Prenons le temps de le négocier avec toutes les clauses de réciprocité nécessaires et n’agissons pas sous l’emprise de la panique. L’attitude de Trump devrait plutôt nous ouvrir les yeux sur le péril de dépendre de pays et dirigeants instables. Je ne serais pas rassuré de savoir que la souveraineté alimentaire de mes enfants dépende de dirigeants tels que Javier Milei en Argentine, sans compter le risque d’un retour d’un Bolsonaro au Brésil. Nous attendons de la Commission européenne un plan réaliste et équilibré pour l’autonomie stratégique y compris en matière d’alimentation. » s’est insurgé Benoît Cassart, agriculteur et député européen.