« La ligne d’arrivée de l’accord UE-Mercosur est en vue. Travaillons, franchissons-la. Nous avons la chance de créer un marché de 700 millions de personnes. Le plus grand partenariat de commerce et d’investissement que le monde ait jamais connu. Les deux régions en bénéficieront ». Le tweet de la Présidence de la Commission européenne du 5 décembre est « une claque vis-à-vis du monde agricole, de nos consommateurs, de la société civile européenne et de nous, députés européens que nous sommes censés représenter », s’insurge Benoît Cassart, député européen et agriculteur qui s’est d’ailleurs abstenu lors du vote de confiance à la Commission von der Leyen.
Ursula von der Leyen a confirmé lors de la conférence de presse du 6 décembre vouloir signer l’accord UE-Mercosur alors que les Gouvernements de la France, la Pologne, L’Irlande, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie ainsi que la Wallonie ont clairement dit s’opposer à la signature de l’accord en l’état. Les agriculteurs et les associations de protection de l’environnement et de la santé des consommateurs ont aussi manifesté une totale opposition à la signature de cet accord « mais la présidente de la Commission semble vivre sur une autre planète », commente Benoît Cassart.
« Le Parlement européen n’a pas eu la dernière version du texte qui est sur la table des négociations. Où en sommes-nous sur le respect de l’accord de Paris par les pays du Mercosur ? Quelles clauses miroirs sont prévues dans l’accord et avec quel système de contrôle ? La présidente von der Leyen, lors de la conférence de presse, n’a parlé que de clauses de sauvegarde mais elle n’a donné aucune réponse aux inquiétudes exprimées par les agriculteurs. Le ton triomphaliste adopté par le Présidente von der Leyen est un camouflet. Avec la crise qu’il y a dans les campagnes c’est franchement jouer avec le feu. » souligne Benoît Cassart, membre des commissions agriculture et commerce international du Parlement européen.
La structure de l’accord n’a pas été évoquée, nous ne savons pas à ce stade si l’accord va nécessiter d’un vote à l’unanimité au Conseil ou d’une majorité qui représente 65% de la population. Dans les deux cas, le Parlement européen a la possibilité de censurer le texte et de bloquer le processus de ratification.
Monsieur Cassart participera à la manifestation organisée par le syndicat agricole Belge FWA en collaboration avec le Copa-Cogeca prévue le 9 décembre à 10h place Jean Rey à Bruxelles. Il se tiendra à disposition pour répondre à vos questions.